La pollution dormante

Qu’est-ce que la pollution dormante ?
Dans le cadre de la pollution numérique, il y a ce qu’on appelle la « pollution dormante ». Il s’agit en fait de la pollution générée par le stockage d’emails.
En effet, chaque message conservé dans sa boite mail fait tourner des serveurs en permanence !
Pour information, un internaute reçoit en moyenne 39 emails par jour, à l’échelle de la France, cela correspond à 1,4 milliard de mails qui sont envoyés chaque jour hors spam. Dans le cadre d’une boite mail professionnelle, ce sont environ 88 emails qui sont reçus chaque jour par un salarié.
Parmi tous ces emails, très peu sont définitivement supprimés, certains sont mis à la corbeille mais cette dernière n’étant pas vidée, les serveurs tournent pour ces emails au même titre que s’ils avaient été dans la boite de réception.

Quels gestes pour y remédier ?
Nettoyer régulièrement sa boite mail
Chaque jour lorsqu’on lit ses mails, prendre le temps de supprimer les messages inutiles et ne conserver que les messages vraiment essentiels.
Puis très régulièrement, chaque soir ou au minimum une fois par semaine, vider sa corbeille, c’est à dire, supprimer définitivement les mails « supprimés ».
Il est également nécessaire d’aller régulièrement dans sa boite « spam » pour supprimer ces fameux emails indésirables.

Archiver les anciens emails
Dans nos mails, il y en a certains que nous devons toujours conserver, que nous ne pouvons supprimer. Dans ce cas, il conviendra d’effectuer une sauvegarde de ces derniers sur son ordinateur, celà permettra de supprimer les anciens mails tout en gardant, tout de même, une copie de ces derniers. Cette copie étant en local sur l’ordinateur et non plus dans la boite mail, ils ne seront pas scannés par votre outil de messaggerie et ne seront donc plus polluants.

Utiliser des outils dédiés
Si toutefois, il vous est compliqué de vous astreindre à un nettoyage régulier de votre boite mail, sachez qu’il existe des plateformes qui vous aident dans ces tâches.
Parmi ces plateformes, il y a notamment cleanfox qui détecte toutes les newsletters que vous recevez et vous propose de faire le tri rapidement en un clic.

Opter pour des moteurs de recherche écologiques !

Par essence, un moteur de recherche est tout sauf écologique. Chaque requête engendre environ 7g de CO2, sachant que pour toujours plus de rapidité, certains moteurs de recherche n’hésitent pas à lancer les requêtes auprès de différents serveurs, les mettant ainsi en compétition. Ce sont donc des milliers de serveurs qui sont sollicités, ces derniers étant peu écologiques et très énergivores (électricité pour le fonctionnement des machines, climatiseurs pour maintenir une température basse…).

Heureusement, pour « compenser » toute la pollution engendrée par chacune de nos requêtes, certains moteurs de recherche dits « écologiques » ont vu le jour. Ces derniers ne peuvent pas prétendre baisser leurs émissions de gaz à effet de serre mais ils mettent en place des actions qui vont permettre « d’équilibrer » la pollution émise lors des recherches sur le web.

ECOSIA
Ce moteur de recherche utilise l’argent engendré par les publicités pour replanter des arbres dans les régions qui en ont le plus besoin.
En gros, c’est un des rares moteur de recherche où cliquer sur un lien publicitaire ne va pas enrichir l’entreprise propriétaire dudit moteur mais va permettre de replanter des arbres.
Ecosia reverse ainsi 80% de ses bénéfices à un programme de reforestation présent dans le monde entier.
Pour information, les résultats des recherches effectués sur Ecosia sont générés par Bing ou Yahoo.

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LILO
Cocorico ! lilo est un moteur de recherche français créé en 2015 par 2 jeunes ingénieurs. Ce dernier fonctionne également grâce à l’argent récolté via les liens commerciaux sauf qu’ici, il est question d’un « compteur de goutte ». C’est à dire qu’a chaque recherche, l’utilisateur gagne un goutte. Ensuite, il lui suffit de « répartir » ces gouttes entre les différents projets sociaux et environnementaux proposés par Lilo.
Lilo reverse environ 50% de son chiffre d’affaires.
Tout comme Ecosia, Lilo est un métamoteur qui loue les algorithmes d’autres moteurs de recherche tels que Google, Bing ou Yahoo.

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ECOGINE
Re-cocorico ! Ecogine est également un moteur de recherche français créé par 3 polytechniciens en 2008.
La grande force de ce moteur est d’être le seul à avoir un statut associatif, ce qui signifie qu’une fois les charges payées, ce sont la totalité des revenus qui sont reversés à des associations environnementales, ces dernières étant choisies par le vote des internautes.
Ecogine, contraction de ecological search engine, utilise Google et fonctionne également grâce aux revenus publicitaires.
De plus, Ecogine précise sur son site travailler en collaboration avec l’hébergeur Infomaniak dont les datacenters ne sont pas climatisés mais ventilés par l’air extérieur, réduisant ainsi les émissions de CO2.

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En conclusion, grâce à ces moteurs de recherche écolos, vous ne baisserez pas votre taux d’émission de gaz à effet de serre mais par contre, plutôt que d’enrichir les géants du Web, vous participerez à des actions écologiques fortes et soutiendrez des projets environnementaux.
Mais attention, le geste le plus écologique sera celui d’effectuer le moins de recherches possibles 🙂

Ne pas acheter du matériel neuf, faire avec l’existant !

Comme expliqué dans la partie définition, l’une des formes de la pollution digitale est la pollution matérielle.
Celle-ci se caractérise par un bilan environnemental lourd dans ses différentes phases de fabrication :
– Épuisement des ressources naturelles dû à l’extraction des matières premières (sans parler des droits de l’homme rarement respectés dans les pays où ses matières sont extraites)
– Contribution à l’effet de serre et à la destruction de la couche d’ozone notamment lors de la fabrication en usine
– Très grande consommation d’énergie pour produire tout ce matériel high-tech
– Pollution par les matériaux lourds
– Matériel très compliqué à recycler
– …

Afin de limiter cette pollution, une solution simple, faire avec l’existant !
Pour information, le cabinet IDC prévoit qu’en 2020, 212 milliards d’objets connectés seront en activité dans le monde. C’est un chiffre plutôt impressionnant.

Alors, pour éviter cette pollution lourde, il suffit d’acquérir de nouveaux réflexes :

Ne pas succomber à la pression des fabricants et la fameuse obsolescence programmée !
Il est vrai que quand on voit la dernière pub Apple ou encore Samsung, et que nous sont vantés toutes les nouvelles fonctionnalités de leurs dernières créations, on a envie de remplacer notre matériel actuel par celui présenté. Mais ce serait une erreur, votre matériel actuel est déjà surement très bien, performant et les nouvelles fonctionnalités ne sont que des gadgets supplémentaires dont vous pouvez certainement vous passez 😉

Réparer plutôt que racheter !
Un écran de téléphone fendu, une batterie d’ordinateur qui se décharge trop vite, un manque de mémoire sur un laptop… ces petites réparations ou petites améliorations se font très facilement et il existe de très nombreuses boutiques de réparation/dépannage informatique qui pourront effectuer ces petits changements pour des prix très abordables.

Acheter de l’occasion, du reconditionné
Si vraiment votre matériel a rendu l’âme, plutôt que d’acheter un produit neuf, misez sur le reconditionné. Aujourd’hui, il est tellement facile de s’équiper avec du matériel d’occasion.
Si vous êtes un professionnel, vous pouvez racheter l’ensemble de votre parc informatique d’occasion et si vous êtes un particulier, il existe des sites comme Back Market ou Amazon qui vous permettent d’acheter en toute sécurité du matériel d’occasion qui paraîtra comme neuf !

Mutualiser l’usage du matériel
Si par exemple, vous êtes auto-entrepreneur ou dirigeant d’une petite structure, n’hésitez pas à mutualiser le matériel high-tech dont vous avez besoin. Par exemple, en tant que freelance, plutôt que d’acheter une imprimante, un vidéoprojecteur… intégrer un espace de co-working permet souvent d’accéder à tout ce matériel.
Si vous êtes un particulier, misez plutôt sur des sites de location de matériel informatique. Si par exemple vous vous apprêtez à faire un magnifique voyage et aimeriez immortaliser ce dernier mais vous n’avez pas d’appareil photo, pensez à en louer un via des sites comme Le bon coin ou encore Allo voisins.